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ACTUELLEMENT DISPONIBLE :

Fustier, P., : « La vielle à roue dans la musique baroque française : Instrument de musique, objet mythique, objet fantasmé ? ».


Paris, L';Harmattan, 2006, 481 pages, au prix de 38€


Ce travail, qui provient d'une thèse en musicologie, tente d'expliquer une étrangeté de la vie musicale française, sous le règne de Louis XV. La vielle à roue, qui était essentiellement un instrument mouliné par des mendiants au coin des rues (la lira mendicorum), est l'objet d'un puissant engouement qui envahit l'aristocratie parisienne, et jusqu'à la famille royale, entre

1725 et 1765, avec plus de deux cents oeuvres publiées à Paris. Nous cherchons à comprendre le pourquoi et le comment de cette mode subite et éphémère.

Nous défendons l'idée que la vielle est un instrument mis au service de la nostalgie du mythe de l'Arcadie qui est très actif en cette période baroque, l'instrument pouvant symboliser la figure de ce villageois idéalisé, personnage central du mythe au XVIIIe siècle, auquel les « personnes de qualité » tentent de s'identifier. Pour devenir lyre d'Apollon, il faudra que la vielle soit l'objet d'une transformation concernant sa lutherie, ses techniques de jeu, son répertoire. Il s'agit en effet de décontaminer la vielle de ce qui évoque son passé mendiant mais aussi de promouvoir une ruralité idéalisée qui en ferait un instrument susceptible de tenir sa place dans le panthéon des instruments « nobles », que fréquentent les aristocrates.

Mais pour quel répertoire ? Peut-on dire que la vielle convient à tous les répertoires savants ou n'est-elle concernée que par le seul répertoire champêtre. Il nous faut comprendre celui-ci comme une expression musicale d'origine rustique ou populaire, mais totalement transfigurée par ce complexe travail « savant » de la mise au goût baroque que nous avons appelé « baroquisation » ?

La démarche utilisée dans ce travail opère à l'intérieur d'un cadre interdisciplinaire faisant appel à la psychanalyse, à l'analyse des mythes, à la sociologie, et, bien sûr, à la musicologie à travers l'étude des techniques de jeu de l'instrument et l'analyse des répertoires.





Paul Fustier est professeur retraité de psychologie de l'université Lumière-Lyon2, mais aussi, joueur de vielle. En musicologie, il travaille sur les convergences et les contradiction repérables entre le « goût » musical à l'époque baroque et les particularités historiques, esthétiques et techniques de la vielle à roue et de son répertoire au XVIIIème siècle, ce qui fut l'objet d'une thèse en musicologie soutenue en 2006.